↟ Le Premier Cri, celui qui arrêta la guerre

↟ Le Premier Cri, celui qui arrêta la guerre

Atelier Korrigane

Brigid : L'Union pour la Paix

Vous pensez connaître la Déesse Brigid ? Mais connaissez-vous l'histoire du premier cri ?
Laissez-moi vous la conter.

 

✩ Les CATÉGORIES du GRIMOIRE ✩
| Lunaisons | Roue de l'Année | Les Chroniques Païennes | Divinités | Animaux Totems | Magie & Rituels | Herboristerie |

 

Approchez-vous, installez-vous confortablement, car je vais vous conter l'histoire du premier cri qui résonna sur la terre d'Irlande. Une histoire de flamme et de larmes, de guerre et de paix. L'histoire de celle qu'on appelle Brigid, Déesse-Mère des Gaëls.

 


Il y a bien longtemps, quand le monde était encore jeune et que les dieux marchaient parmi les brumes, naquit une enfant extraordinaire. C'était à l'aube, voyez-vous, à la deuxième pleine lune après le solstice d'hiver, au moment précis où le premier rayon de soleil perçait l'horizon.

Et à l'instant même où cette enfant émis son premier son, une colonne de feu jaillit au-dessus de sa tête, si haute et si brillante qu'on crut que toute la demeure était en flammes. Les sage-femmes reculèrent, éblouies. La mère sourit, car elle savait : cette enfant serait différente. Cette enfant serait Brigid.

Brigid grandit comme grandit la flamme, vive, lumineuse, réchauffant tous ceux qui s'approchaient d'elle. Elle apprit les secrets de la forge, l'art de la poésie, les mystères de la guérison. Partout où elle passait, elle apportait la lumière dans l'obscurité, l'espoir dans le désespoir.

Quand vint le temps, elle épousa Bres, un jeune roi d'une grande beauté. Mais écoutez bien, car voici le moment où l'histoire se complique comme se complique toujours le destin des mortels.

Brigid appartenait aux Tuatha Dé Danann, le peuple de lumière. Bres, lui, était né mi-Tuatha, mi-Fomorien, des êtres sombres venus des profondeurs de la mer.

Deux peuples. Deux mondes. Des ennemis depuis l'aube des temps.

Ce mariage, voyez-vous, n'était pas né de l'amour seul. C'était un pont jeté au-dessus d'un gouffre de haine ancestrale. Une alliance pour empêcher le sang de couler. Un pari sur la paix.

De cette union naquirent trois fils : Ruadán, Iuchar et Uar. Trois garçons qui portaient en eux les deux sangs, les deux héritages, les deux destins.

Mais la paix est comme la rosée du matin, belle, précieuse et si fragile qu'un souffle peut la dissiper.

Alors vint le temps où les tambours de la guerre firent entendre leurs sombres battements. Les deux peuples s'affrontèrent nouveau sur la plaine de Mag Tuired. Le ciel se couvrit de fer et de cris. La terre but le sang de centaines de guerriers.

Et Ruadán, le fils aîné de Brigid, se retrouva déchiré entre ces deux mondes. Il connaissait les secrets de la forge que sa mère lui avait transmis. Il connaissait aussi la loyauté qu'il devait à son père.

Dans la fureur de la bataille, Ruadán fit un choix terrible. Utilisant les connaissances reçues de sa famille maternelle, il forgea une lance et s'en servit contre Goibniu, le forgeron sacré des Tuatha Dé Danann. Le coup porté, le forgeron chancela. Mais avant de tomber, Goibniu, dans un dernier geste, se saisit de l'arme et la retourna contre Ruadán. La lance traversa le jeune homme de part en part.

Ruadán s'effondra sur le champ de bataille, devant son père, devant les deux armées pétrifiées. Son sang, ce sang mêlé qui aurait dû unir deux peuples, se répandit sur la terre d'Irlande.

 

Ce qui se passa ensuite changea le monde à jamais.

Brigid apprit la mort de son fils. Elle qui portait en elle le feu du soleil sentit quelque chose se briser dans sa poitrine. Elle qui apportait la lumière fut envahie par une obscurité qu'elle n'avait jamais connue.

Elle se rendit sur le champ de bataille.

Les guerriers, encore aveuglés par la fureur du combat, levaient toujours leurs armes. Les épées brillaient. Les lances étaient dressées. Les boucliers formaient un mur de haine.

Brigid s'agenouilla près du corps de son fils.

Et elle ouvrit la bouche.

Ce qui en sortit n'était pas un mot. Ce n'était pas un chant. C'était quelque chose que l'Irlande n'avait jamais entendu auparavant.

C'était un cri.

Un cri qui venait des profondeurs mêmes de l'âme. Un cri d'une mère qui avait perdu son enfant. Un cri qui portait en lui toute la douleur d'un cœur brisé, tout le désespoir d'un amour arraché, toute l'absurdité d'une guerre qui dévore ses propres enfants.

Le cri de Brigid fendit l'air comme une lame.
Il résonna à travers toute la plaine de Mag Tuired.
Il traversa les collines et les vallées.
Il pénétra dans le cœur de chaque guerrier, de chaque soldat, de chaque combattant.
Et quelque chose d'extraordinaire se produisit.

Les épées tombèrent des mains. Les lances glissèrent sur le sol. Les boucliers s'abaissèrent. Un par un, puis par dizaines, puis par centaines, les guerriers des deux camps cessèrent de se battre.

Car dans ce cri, ils entendirent la voix de leurs propres mères. Dans ce cri, ils virent leurs propres fils. Dans ce cri, ils comprirent enfin l'absurdité de ce qu'ils faisaient.

Les larmes de Brigid coulèrent, les premières larmes de deuil que connut l'Irlande. Et dans ces larmes, la fureur se noya. La haine se dilua. La guerre s'arrêta.

Et c'est ainsi qu'un cri arrêta une guerre. Et c'est ainsi que les pleurs d'une mère apportèrent la paix là où régnait le conflit.

Comprenez-vous ce qui venait de se passer ? Ce n'était pas seulement le chagrin d'une mère pour son fils tombé. C'était quelque chose de bien plus profond, de bien plus vaste.

Dans ce cri résonnait la fracture d'un monde. Brigid pleurait la rupture entre les sangs mêlés de son enfant, la trahison des liens maternels dans une terre où ces liens étaient sacrés depuis la nuit des temps. Elle pleurait la fin des Anciennes Voies, ce crépuscule d'un âge où la parenté du ventre était le fil d'or qui unissait toute chose.

Voyez-vous, pour les anciens, ceci était leur Péché Originel, non point une faute de chair comme dans d'autres traditions, mais une blessure bien plus profonde : un fils qui lève la main contre le clan de sa mère, qui rompt le pacte du sang qui l'a porté.

Et de cette blessure naquit le caoineadh.

Ce cri de Brigid devint la source d'une tradition qui traverserait les siècles. Jusqu'à des temps encore proches du nôtre, on faisait venir des femmes aux veillées funèbres pour pleurer, gémir, chanter la douleur de la perte. Elles étaient les héritières de Brigid, ces keeners, ces pleureuses qui transformaient le chagrin muet en une lamentation qui libérait l'âme.

Quelle sagesse que de donner au deuil une voix aussi puissante.
Voilà comment un cri arrêta une guerre. Voilà comment les larmes d'une mère enseignèrent au monde que même au cœur de la violence la plus noire, la compassion peut transmuter la rage en un silence sacré.

Depuis ce jour, on dit que Brigid vit dans chaque acte de compassion. Elle vit dans la bougie que vous allumez dans l'obscurité. Elle vit dans vos mains quand vous créez quelque chose de beau. Elle vit dans votre cœur quand vous choisissez la guérison plutôt que la blessure.

Car voyez-vous, la véritable leçon de cette histoire n'est pas dans la tristesse, mais dans la puissance.

Le pouvoir véritable ne réside pas dans l'épée la plus affûtée ou dans le bras le plus fort. Il ne réside pas dans la capacité de détruire, mais dans celle de transformer. Brigid ne vainquit pas par la force. Elle vainquit par la vérité de son chagrin, par la profondeur de sa compassion, par la pure humanité de ses larmes.

Elle nous montre qu'il y a plus de courage dans la vulnérabilité que dans la violence. Plus de force dans l'amour que dans la haine. Plus de pouvoir dans un cri de cœur brisé que dans mille cris de guerre.

Alors, quand vous rentrerez chez vous ce soir, souvenez-vous de Brigid. Quand vous verrez la première fleur percer la neige au printemps, pensez à elle. Quand vous tendrez la main pour consoler quelqu'un qui souffre, honorez-la.
Car sa flamme brûle encore.
Elle brûle dans chaque geste de paix.
Elle brûle dans chaque mot de réconciliation.
Elle brûle en vous.
En chacun de nous.

Et rappelez-vous ceci : même au cœur de la plus terrible obscurité, même au milieu de la plus féroce tempête, un seul cri de vérité peut changer le monde.

 

Que le manteau de paix de Brigid vous recouvre. Que sa flamme vous réchauffe. Et que son enseignement guide vos pas sur le chemin de votre propre vie.

Maintenant, l'histoire est contée. Mais la flamme que vous portez en vous ne doit jamais s'éteindre.

Allez en paix.

Maintenant je fais silence. Vous êtes toujours confortablement installée. Là non loin des grandes prairies d'Irlande, votre esprit vagabonde encore. Et dans le silence, on pourrait presque entendre, portée par le vent, l'écho lointain d'un ancien cri qui résonne encore...


Brigid, femme de paix
Tu étais une femme de paix.
Tu apportas l’harmonie là où régnait le conflit.
Tu apportas la lumière dans l’obscurité.
Tu apportas l’espoir à ceux qui étaient abattus.
Que le manteau de ta paix recouvre ceux qui sont troublés et anxieux,
et que la paix s’enracine profondément dans nos cœurs et dans notre monde.

Kare, Créatrice d'Inspirations, Vate de l'Awen & Conteuse du Paganisme.
AtelierKorrigane.com

........................ •☽ ◯ ☾• ........................

Découvrez la Box Païenne Mensuelle!

Chaque mois, c'est comme ouvrir un grimoire secret rempli de trésors magiques et d'étincelles d'authenticité.
La magie artisanale de l'Atelier Korrigane transforme le quotidien en une aventure païenne pleine d'art, d'intention et de véritable connexion! 

Retrouvez la Box ICI!
........................ •☽ ◯ ☾• ........................


….................... ᘛ ☙ •☽●☾• ❧ ᘚ …....................
Dans mes articles je vous donne mon point de vue, ma pratique... 
Il ne s'agit en rien de la vérité mais de ma vision des choses (à part pour quelques faits historiques et scientifiques !).
Mon but n'est pas de faire du prosélytisme sur tel ou tel sujet mais donner mon ressenti, mes impressions, mon vécu, ce que j'en ai appris... de partager avec vous simplement !
Et si mes écrits vous inspirent, tant mieux. Que l’Awen vous guide! 
N'hésitez pas à réagir à ces articles en donnant votre propre ressenti, votre point de vue, d'autres exemples, votre expérience...
….................... ᘛ ☙ •☽●☾• ❧ ᘚ …....................
Retour au blog

1 commentaire

Magnifique…Merci Kare. Mon essence d’hypersensible reçoit ce conte en plein coeur…

Isabelle N

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés.