↟ La Traversée ↟
Atelier KorriganeLa Lune Noire et le Pont des Ombres
Au cœur de l'obscurité la plus profonde de janvier, la Lune Noire vous invite à traverser le pont du vide pour embrasser votre vérité et vous libérer de ce qui entrave votre chemin.
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Rapprochez-vous. La nuit est profonde et sans lune ce soir. C'est dans ces nuits-là, quand le ciel retient son souffle et que l'obscurité règne en maîtresse absolue, que les histoires les plus vraies peuvent être racontées. Celles qui parlent de ce qui se cache dans le vide, dans le silence, dans l'ombre de nos propres cœurs.
Je vais vous conter l'histoire d'une âme, peut-être la vôtre, peut-être la mienne, qui a appris à traverser. Écoutez bien...
Il était une fois, dans un temps qui n'est ni passé ni présent mais éternel, une voyageuse qui marchait depuis très longtemps sur un sentier de montagne. Cette voyageuse, appelons-la ainsi, bien qu'elle ait mille visages et mille noms, portait sur son dos un sac si lourd qu'elle avançait courbée, les yeux rivés au sol.
Dans ce sac se trouvaient toutes sortes de choses : des pierres ramassées dans son enfance, quand on lui avait dit qu'elle n'était pas assez. Des chaînes forgées dans sa jeunesse, quand elle avait appris à se faire petite pour ne pas déranger. Des miroirs brisés qui ne reflétaient que ses échecs. Des lettres jamais envoyées, des mots jamais dits, des larmes jamais pleurées. Et aussi, enroulés comme des serpents endormis, des cordes invisibles qui la reliaient à tous ceux qui l'avaient blessée, à toutes les situations qui l'avaient diminuée, à toutes les versions d'elle-même qu'elle avait dû abandonner en chemin.
Le sac était lourd. Si lourd.
Mais la voyageuse continuait d'avancer, parce que c'est ce qu'on fait, n'est-ce pas ? On avance. Même courbée. Même épuisée. Même quand chaque pas coûte un effort surhumain.
Un jour, ou était-ce une nuit ? Dans cette histoire, le temps se plia si étrangement que la voyageuse arriva au bord d'un immense précipice. Un canyon si large qu'on ne voyait pas l'autre rive dans la brume. Un gouffre si profond que seul le rugissement d'un torrent noir montait des profondeurs, portant avec lui l'écho de tous les tourments jamais ressentis.
La voyageuse s'arrêta net. Ses pieds refusèrent d'avancer. Son cœur battait si fort qu'il résonnait comme un tambour de guerre dans sa poitrine.
Devant elle, suspendu au-dessus du vide, se trouvait un pont. Un simple pont de cordes et de planches de bois, étroit, oscillant doucement dans le vent. Le genre de pont que seul un fou ou un sage oserait emprunter.

Mais ce qui attira l'attention de la voyageuse, ce ne fut pas le pont lui-même. Ce fut l'autre côté.
De l'autre côté du précipice, au-delà de la brume et du vide, brillait une lumière. Pas une lumière aveuglante, non. Une lumière douce, dorée, comme celle de l'aube après une longue nuit. Et dans cette lumière, la voyageuse crut voir, ou était-ce son imagination ? Une silhouette. Sa propre silhouette. Mais debout. Droite. Libre. Lumineuse.
C'était elle. Qui elle pourrait être si elle traversait.
La voyageuse resta là, au bord du précipice, pendant ce qui sembla être des années. Elle regardait le pont. Elle regardait l'autre côté. Elle regardait son sac trop lourd. Et elle ne bougeait pas.
Elle savait ce qu'il devait faire. Elle l'avait toujours su. Mais elle ne pouvait pas. Pas encore.
Alors elle s'assit, droite comme un "i", paralysée par tout ce qu'elle portait.

Les saisons passèrent. La voyageuse restait là, au bord du précipice, à regarder le pont qu'elle n'osait traverser. Parfois, elle se levait. Parfois, elle faisait un pas vers le pont. Parfois même, elle posait un pied sur la première planche. Mais toujours, quelque chose la retenait. La peur. Le doute. Le poids de son sac. Les cordes invisibles qui la tiraient en arrière.
Elle essayait pourtant. Oh, comme elle essayait. Elle se lançait contre le mur de sa propre résistance, encore et encore. Elle prenait des décisions courageuses le matin qui s'effondraient le soir. Elle jurait qu'aujourd'hui serait différent, puis se retrouvait à la même place au coucher du soleil.
Elle fonçait droit dans des murs. À de très nombreuses reprises.
Mais quelque chose en elle savait, même quand tout semblait désespéré, qu'un jour, elle traverserait. Cette certitude était comme une petite flamme qui refusait de s'éteindre, même dans les nuits les plus sombres.
Et puis vint une nuit particulière. Une nuit où le ciel était différent.
La Lune, qui d'habitude brillait et guidait les voyageurs, avait disparu. Le ciel était d'un noir d'encre, profond, absolu. C'était la Lune Noire, ce moment où notre guide céleste nous montre sa face cachée, où elle se retire pour nous laisser face à nous-mêmes.
Dans cette obscurité totale, quelque chose bougea.
Trois silhouettes émergèrent de l'ombre, si anciennes qu'elles semblaient tissées de la nuit elle-même. C'étaient les Gardiennes des Seuils, celles qui veillent sur les passages, les transformations, les morts et les renaissances.

La première portait trois visages et tenait des clés qui brillaient d'une lumière fantomatique. C'était Hécate, la Gardienne des Croisements.
La deuxième dansait dans le feu et le sang, créant et détruisant à chaque mouvement. C'était Kali, la Destructrice Créatrice.
La troisième volait sous forme de corbeau, ses ailes déployées embrassant à la fois la mort et la renaissance. C'était la Morrigane, la Tisseuse des Destins.
Elles s'approchèrent de la voyageuse qui tremblait maintenant au bord du précipice, et parlèrent d'une seule voix qui résonnait comme le vent dans les cavernes profondes :
"Pourquoi restes-tu ici, enfant de la Terre ? Tu connais le chemin. Tu vois la lumière de l'autre côté. Pourquoi ne traverses-tu pas ?"
La voyageuse baissa la tête, honteuse.
"Je ne peux pas," murmura-t-elle. "Mon sac est trop lourd. Ces cordes me retiennent. Je crains de tomber. J'ai peur de ce que je vais trouver de l'autre côté. J'ai peur de laisser partir ce que je connais, même si cela me fait souffrir."
Les Trois Déesses sourirent, un sourire terrible et magnifique à la fois.
"Alors il est temps," dirent-elles. "Il est temps de couper le cordon. Il est temps de traverser. Il est temps de devenir qui tu es vraiment."
Hécate s'avança et posa ses mains sur les épaules de la voyageuse :
"Sais-tu ce qu'est le vide, enfant ? Le vide n'est pas un lieu de peur. C'est un lieu de possibilités infinies. C'est là où tout existe et rien à la fois. C'est le creuset de la transformation. Et cette nuit, la Lune Noire t'offre son vide sacré."
Kali approcha et toucha le sac de la voyageuse, qui devint soudain translucide, révélant tout ce qu'il contenait : "Regarde ce que tu portes. Regarde ces fardeaux, ces peurs, ces croyances qui ne sont même pas les tiennes. Regarde ces relations toxiques, ces traumas anciens, ces habitudes destructrices. Tu crois qu'ils font partie de toi, mais ce ne sont que des choses que tu as ramassées. Et ce que tu as ramassé, tu peux le déposer."
Morrigane vola autour de la voyageuse et les cordes invisibles devinrent soudain visibles, des milliers de fils sombres qui partaient de son cœur, de ses poignets, de sa gorge, la reliant à son passé, à ses peurs, à tous ceux qui l'avaient diminuée.
"Ces cordes t'ont servi autrefois," dit-elle. "Elles t'ont protégé quand tu étais vulnérable. Elles t'ont aidé à survivre. Mais maintenant, elles t'empêchent de vivre. Il est temps de les couper."
La voyageuse leva les yeux vers les Trois Déesses et, pour la première fois depuis des années, elle sentit quelque chose bouger en elle. Au-delà de ses yeux qui s'humidifiaient, ce n'était pas de l'espoir, c'était plus profond que cela. C'était une certitude.
Elle était prête.

Les Trois Déesses conduisirent la voyageuse en un lieu étrange, un cercle tracé dans la poussière au bord du précipice. Au centre du cercle brûlait une bougie noire, dont la flamme ne vacillait pas malgré le vent.
"Assieds-toi," ordonnèrent-elles doucement.
La voyageuse obéit. Son sac tomba lourdement à côté d'elle. Les cordes tiraient sur son cœur.
Hécate posa devant elle un miroir d'obsidienne noire, si poli qu'il semblait contenir la nuit tout entière.
"Regarde," dit-elle. "Regarde-toi dans ta vérité."
La voyageuse se pencha au-dessus du miroir. Au début, elle ne vit que l'obscurité. Puis, lentement, son propre visage apparut. Mais ce n'était pas le visage qu'elle montrait au monde. C'était son vrai visage, fatigué, blessé, mais aussi d'une beauté déchirante. C'était le visage de quelqu'un qui avait survécu. De quelqu'un qui avait continué d'avancer malgré tout.
Des larmes montèrent à ses yeux.
"Je te vois", murmura-t-elle à son reflet. "Je vois qui tu es vraiment. Je vois ce que tu portes. Je vois tes blessures et ta beauté. Je vois ta force et ta vulnérabilité. Je vois tout. Et je t'accepte."
Le miroir ondula comme de l'eau et lui montra alors des images : toutes les choses qu'elle portait dans son sac, toutes les cordes qui la retenaient, toutes les peurs qui la paralysaient. Elle les vit avec une clarté parfaite, sans déni, sans fuite.
Kali lui tendit alors un parchemin et une plume noire comme la nuit.
"Écris", commanda-t-elle. "Écris tout ce dont tu veux te libérer. Nomme-le. Donne-lui une forme. Car ce qui est nommé peut être libéré."
Et la voyageuse écrivit. Elle écrivit pendant ce qui sembla être des heures. Elle écrivit les noms de ceux qui l'avaient blessée, le sien en bonne position. Elle écrivit ses croyances limitantes. Elle écrivit ses peurs les plus profondes. Elle écrivit jusqu'à ce que sa main tremble et que le parchemin soit rempli de son encre noire.
Quand elle eut terminé, Morrigane posa devant elle une corde.
"Attache cette corde à ton poignet gauche", dit-elle. "C'est le cordon qui te lie à tout ce que tu viens d'écrire. C'est le fil qui te retient de ce côté du précipice."
La voyageuse attacha la corde. Elle serrait. Elle pesait. Elle le retenait.
Puis Morrigane posa dans sa main droite une paire de ciseaux qui brillaient comme de l'argent sous les étoiles.
"Quand tu seras prête", murmura-t-elle, "coupe."

La voyageuse resta assise là, la corde attachée à son poignet, les ciseaux dans la main, à regarder la flamme de la bougie noire danser dans l'obscurité.
Les Trois Déesses se tinrent en cercle autour d'elle et commencèrent à chanter. C'était une mélopée ancienne, sans mots, juste un son qui venait du fond des âges. Le son de toutes les âmes qui n'avaient jamais traversé. Le son de toutes les transformations qui n'avaient jamais eu lieu.
Et au cœur de ce chant, la voyageuse ferma les yeux.
Elle se vit debout au bord du précipice. Elle vit le torrent noir qui rugissait en contrebas, rempli de tous ses tourments. Elle vit le pont étroit qui oscillait dans le vent.
Et elle fit un pas.
Son pied toucha la première planche du pont. Elle grinça sous son poids mais tint bon.
Elle fit un deuxième pas. Puis un troisième.
Le pont oscillait. Le vent soufflait. Le vide béait sous elle. Mais elle continuait d'avancer.
Un pas devant l'autre. Un souffle après l'autre.
Elle arriva au milieu du pont, suspendu entre ce qui était et ce qui sera. Là, elle s'arrêta.
De ce point central, elle pouvait voir les deux rives. Derrière elle, tout ce qu'elle avait été, tout ce qu'elle avait porté. Devant elle, la lumière, la promesse, le mystère de qu'elle pourrait devenir.
"Je suis au milieu du pont", dit-elle à voix haute, et sa voix résonna dans le canyon. "Je suis entre deux mondes, sur le Seuil. Je choisis d'avancer. Je choisis la liberté. Je choisis d'être moi-même."
Alors elle continua.
Pas après pas, planche après planche, souffle après souffle. Le pont sembla s'allonger à l'infini, puis soudain, elle y était. Son pied toucha le sol de la Terre-Mère de l'autre côté.
Elle l'avait fait.
Elle avait traversé.
La voyageuse ouvrit les yeux. Elle était toujours assise dans le cercle, la bougie noire brûlant devant elle. Mais quelque chose avait changé. Quelque chose d'essentiel s'était déplacé en elle.

Les Trois Déesses la regardaient avec des sourires radieux.
"Maintenant", dit La Morrigane, "coupe le cordon."
Alors la voyageuse leva les ciseaux. Elle regarda la corde attachée à son poignet, toutes ces années de peur, de douleur, d'attachement toxique, de croyances limitantes.
Elle dit à voix haute, d'une voix claire et ferme comme jamais auparavant :
"Miroir, Déesse, Lune Noire, je suis là ce soir,
Pour rompre le fil, couper le cordon.
Je veux transformer mon présent et avancer vers mon futur.
Je coupe maintenant les liens qui me retiennent.
Je coupe les cordons des relations toxiques.
Je coupe les attaches aux traumas du passé.
Je coupe les fils de la peur et du doute.
Je coupe ce qui m'empêche d'être pleinement moi-même."
Et d'un geste ferme et déterminé, elle coupa la corde.
Clac.
Le bruit du métal tranchant la fibre résonna comme un coup de tonnerre. La corde tomba en deux morceaux sur le sol.
Et instantanément, le sac que la voyageuse portait depuis si longtemps explosa en une nuée de papillons noirs qui s'envolèrent dans la nuit. Les cordes invisibles qui la reliaient à son passé se dissolvèrent en fumée argentée. Le poids qu'elle avait porté pendant des années, des décennies peut-être, disparut. Légère, libre.
La voyageuse se leva. Pour la première fois depuis qu'elle pouvait s'en souvenir, elle se tint droite.
Elle respira d'un souffle profond, libre, sans entrave.
Et elle comprit.
Hécate s'approcha et prit les morceaux de corde coupée. Elle les plongea dans un bol d'eau salée et ils se dissolvèrent instantanément. "Ce qui est coupé ne peut être renoué", dit-elle doucement. "Tu es libre maintenant. Vraiment libre."
Kali tourna autour de la voyageuse, l'examinant avec satisfaction.
"Tu as détruit l'ancien", dit-elle avec un rire qui ressemblait au crépitement du feu. "Maintenant tu peux créer le nouveau. Mais souviens-toi : la destruction n'est pas une fin. C'est un commencement. Car pour créer la nouveau il te faut détruire l'ancien."
Morrigane vola au-dessus de sa tête et laissa tomber une plume noire qui se transforma en se posant sur sa paume en une pierre d'obsidienne polie.
"Garde ceci", lui dit-elle. "C'est un morceau de cette nuit. Un morceau de ta traversée. Quand tu douteras, quand tu craindras de retourner en arrière, tiens cette pierre et souviens-toi : tu as traversé le pont. Tu es de l'autre côté maintenant."
La voyageuse regarda autour d'elle. Le paysage n'avait pas changé, elle était toujours au même endroit physiquement. Mais tout était différent. Les couleurs étaient plus vives. L'air était plus léger. Le ciel, même sans lune, semblait plus lumineux.
Et surtout, elle se sentait différent.
Elle ne portait plus de fardeau. Elle n'était plus retenue par rien. Elle était simplement... elle-même.
"C'est magnifique ici", murmura-t-elle, les larmes coulant librement sur ses joues. "C'est super beau de l'autre côté."
Les Trois Déesses hochèrent la tête.
"Sais-tu de quoi est fait l'autre côté ?" demandèrent-elles en chœur.
La voyageuse sourit à travers ses larmes.
"De moi. Juste moi-même. Entièrement et sincèrement moi-même."
"Exactement", dirent les Déesses. "Tu as traversé pour te retrouver. Tu as coupé les cordons pour être libre. Tu as lâché le fardeau pour voler."
Les Déesses commencèrent à s'effacer au cœur de l'obscurité, ne faisant qu'une avec la nuit de Lune Noire.
Mais avant de disparaître complètement, Hécate se retourna une dernière fois :
"Et souviens-toi de ceci, voyageuse : tu n'es pas la seule au bord du précipice. Il y en a d'autres. Beaucoup d'autres. Et ils regardent tous ce pont depuis des années, ils voient l'autre côté mais ne peuvent pas encore traverser. Toi tu sais maintenant combien de temps cela peut prendre. Tu sais qu'on ne traverse que lorsqu'on est vraiment prêt."
"Alors quand quelqu'un te demandera : "Comment as-tu fait ? Comment as-tu traversé ?" raconte-lui cette histoire. Parle-lui de la Lune Noire et de son vide sacré. Parle-lui des cordes qui peuvent être coupées. Parle-lui du pont qui peut être traversé."
"Dis-lui que de l'autre côté, il n'y a rien de plus beau."
"Dis-lui que de l'autre côté, c'est lui-même qui l'attend."
Puis les Trois Déesses disparurent.

Alors toi qui lit cette histoire. Comment te sens-tu ? Comment sont tes yeux ? Ne sont-ils pas brillants de larmes. Et toi n'es-tu pas perdu dans tes pensées. Et toi ne te touche-tu pas machinalement le poignet, comme si sentais toi aussi une corde invisible.
Vous voyez, ce n'est pas qu'une histoire. C'est votre histoire. C'est mon histoire. C'est l'histoire de toute âme qui porte des fardeaux trop lourds et qui reste au bord d'un précipice, à regarder un pont qu'elle n'ose pas encore traverser.
La voyageuse de ce conte, c'était moi. Il y a longtemps, j'ai vu ce pont. J'ai vu le précipice. Et je suis restée là, paralysée, pendant ce qui m'a semblé être une éternité.
J'ai pris des murs. Beaucoup de murs. Je fonçais dedans encore et encore, cherchant désespérément l'énergie de traverser, une solution magique. Mais il n'y en avait pas. Il n'y avait que le pont. Et le bon moment.
Et puis est venue une Lune Noire, peut-être pas si différente de celle que nous connaîtrons bientôt et j'ai été prête. Simplement prête. Et j'ai traversé.
Vous voulez savoir comment c'est, de l'autre côté ?
C'est beau. Vraiment. C'est fait de vous-même, dans votre vérité la plus pure, dans votre authenticité la plus lumineuse. C'est la liberté. C'est la paix. C'est la joie de se réveiller le matin sans ce poids sur la poitrine. C'est la légèreté de marcher sans traîner de boulet derrière soi.
Mais, et c'est important, vous ne traverserez que lorsque vous serez prêt. Pas avant. Et c'est parfaitement bien. Il n'y a pas de jugement dans cette attente. Chacun a son propre rythme. Chacun a ses propres murs à rencontrer d'abord. Chacun a son propre moment de grâce.
La Lune Noire revient régulièrement. Elle revient tous les mois, fidèlement, pour offrir son vide sacré, ses ciseaux, sa médecine de transformation. Et si vous n'êtes pas prêt lors de cette Lune Noire, il y en aura une autre. Et encore une autre.
Mais quand vous serez prêt, et vous le saurez, vous le sentirez dans vos os, dans votre cœur, dans le silence profond de votre âme, alors faites ceci :
Installez un espace sacré dans l'obscurité. Allumez une bougie noire pour honorer le vide. Prenez un miroir et regardez-vous en face, dans votre vérité. Écrivez tout ce dont vous voulez vous libérer. Prenez une corde et attachez-la à votre poignet pour représenter tout ce qui vous retient. Puis fermez les yeux et visualisez-vous en train de traverser le pont, pas après pas, souffle après souffle.
Et quand vous serez au milieu, suspendu entre ce qui était et ce qui sera, dites avec toute la force de votre être :
"Miroir, Déesse, Lune Noire, je suis là ce soir,
Pour rompre le fil, couper le cordon.
Je veux transformer mon présent et avancer vers mon futur."
Puis ouvrez les yeux, prenez vos ciseaux, et coupez la corde.
Coupez-la vraiment. Avec intention. Avec force. Avec la certitude absolue que vous êtes prêt.
Et ensuite... marchez. Marchez vers l'autre côté. Marchez vers vous-même.

Il y a du beau autour de vous et en vous. Ne l'oubliez jamais. Même dans l'obscurité la plus totale, même quand vous ne voyez pas la Lune, même quand le précipice semble infranchissable.
Il y a du beau.
L'univers est merveilleux. Et il vous demande simplement d'avancer en beauté. Pas en perfection. Pas en contrôle. Mais en beauté, en harmonie avec qui vous êtes vraiment.
Alors quand vous serez prêt, traversez le pont.
Et de l'autre côté, vous trouverez ce que vous avez toujours cherché : vous-même, libre et authentique.
Que la Lune Noire vous guide dans votre traversée, quand le moment sera venu.
Que vous ayez le courage de couper les cordes qui vous retiennent.
Que vous trouviez, de l'autre côté, la beauté de votre vérité.
Qu'il en soit ainsi.
◯ Incantation ◯
Dans le silence du ciel sans lune,
je descends au creux de mon être.
J’appelle la Lune Noire,
Dame du Vide et du Renouveau,
à m’envelopper de son manteau d’ombre.
Devant moi, je dépose ce qui n’a plus lieu d’être :
peurs, liens usés, blessures et illusions.
Que son souffle les emporte,
que son feu intérieur les transforme.
Dans le noir fertile, je laisse place au neuf.
Je suis libre, entière, renaissante.
Qu'il en soit ainsi, sous la Lune invisible.
Belle Lune Noire à vous
● Que l'obscurité sacrée vous révèle votre lumière véritable. ●
⚝ Kare, Créatrice d'Inspirations, Vate de l'Awen & Conteuse du Paganisme.
AtelierKorrigane.com

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